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Le
 
 
Morphologie générale des Diptères Dolichopodidae
A. Les larves.
   Les larves mesurent de quelques millimètres à un centimètre et demi. Elles sont cylindriques et ne présentent pas de pattes ou de parapodes. Elles sont acéphales et donc aveugles. Après trois ou quatre semaines, les larves commencent à construire un cocon de neuf millimètres ou dix de long sur cinq de large environ.

Larve de Medetera sp. d'aprés Parent 1938
 

B. Les pupes.
   Les pupes de Dolichopodidés sont ordinairement enveloppées dans un cocon formé de grains de sable, de particules terreuses, de petits morceaux de bois ; le tout aggloméré par la production de sécrétion abondante. Le cocon est doublé intérieurement d’une très fine toile, hydrofuge, ouverte à la partie antérieure pour laisser passer deux délicates cornes, cornes servant de tubes respiratoires ; chez quelques espèces du genre Medetera , le cocon est seulement formé par une enveloppe soyeuse légère (Lundbeck 1912, Séguy 1950, W.J. Kuenzel & R.G. Wiegert 1977).

Cocon et pupe de Dolichopodidae d'après d'Assis Fonséca 1978
 

C. Les adultes.
   Les adultes mesurent de quelques millimètres comme dans le genre Chrysotus Meig. à plus d'un centimètre pour les genres Dolichopus Latr. ou Poecilobothrus Mik.

 

Hercostomus chrysozygos Wied. mâle Tête Thorax Aile Abdomen Pattes
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1. La tête.
   A peu près aussi large et aussi haute que le thorax, elle est de forme généralement semiglobulaire, le plus souvent un peu rétrécie vers le bas. Son occiput est convexe ou concave, se moulant sur le thorax. Le vertex est le plus souvent excavé, parfois en forme de selle profond comme chez le genre Sciapus Zeller; il est rarement convexe comme chez le genre Diaphorus Meig. Un tubercule ocellaire à trois ocelles est généralement proéminent. Le front est souvent large, se rétrécissant plus ou moins au niveau des antennes, souvent large chez les femelles et à bords parfois presque parallèles. Rarement comme chez le mâle du genre Diaphorus Meig. , les yeux se touchent au-dessus des antennes, réduisant ainsi le front à un simple triangle. On observe une paire de chètes interocellaires, une paire de chètes postverticaux et , généralement aussi, une paire de chètes verticaux externes ou orbitaires. Les chètes verticaux sont normalement plus faibles que les autres. Quelquefois rapprochés et nettement en retrait par rapport aux soies postoculaires, ils sont le plus souvent écartés et paraissent alors faire partie de la collerette postoculaire. Les chètes verticaux externes manquent chez les mâles dont le vertex est fortement rétréci (Diaphorus Meig.). On observe la présence d'une ou plusieurs paires de soies postocellaires faibles. Bordant toute la marge postérieure des yeux, et formant une collerette, on a une rangée simple de soies postoculaires aplaties, lamelliformes, faisant parfois place dans la région inférieure à des soies folles plurisériées, formant des "favoris" comme chez le genre Porphyrops Meig (reclassé maintenant sous le genre Rhaphium Meig.). Les yeux sont grands, ovales, un peu rétrécis vers le bas, vert métallique (sur le vivant) varié de taches ou de bandes purpurescentes, à pubescence égale, très dense, mais microscopique, rarement nus comme dans la sous-famille des Medeterinae Beck. Les facettes sont égales ou un peu élargies au coté antérieur, touchant la face, dans les deux sexes ou seulement chez le mâle. Dans le genre Diaphorus Meig., la région de l'oeil à facettes élargies est située en haut et est limitée par une ligne bien marquée. Les yeux, toujours séparés sur le front, peuvent, chez le mâle du genre Diaphorus Meig. être rigoureusement, ou pratiquement contigus comme chez le genre Chrysotus Meig. Suivant la courbure ou la position des yeux, la face peut être rétrécie sous les antennes, puis s'élargir vers le bas ou bien présenter des côtés parallèles (Dolichopus Latr.) ou convergents vers l'apex (Campsicnemus Walk.). Les antennes sont contiguës, insérées un peu au-dessus du milieu de la tête, parfois plus haut, rarement au-dessous du milieu (Diaphorus Meig. mâle). Elles sont généralement courtes, rarement plus de deux fois aussi longues que la tête, régulièrement plus longues chez le mâle que chez la femelle. Elles comprennent trois articles, le dernier portant une soie articulée ou "arista ". L'article 1 est nu ou velu à la face dorsale ; l'article 2 est généralement court et transverse, libre ou chevauchant plus ou moins l'article 3, de la face interne au milieu, de la face externe au bord dorsal ; parfois chevauchant en pouce la face interne de l'article 3 (Syntormon Lw., Eutarsus Lw.) ; ce dernier étant plus ou moins velu, comprimé latéralement ; plus ou moins long, et de forme variée, portant une soie biarticulée tantôt franchement dorsale ou apicale, tantôt subapicale. Cette soie est plus ou moins longue, rarement aussi longue que le corps entier (Sybistroma Meig., Ludovicius Rond.), et ornée de dilatations foliacées ; toujours simple et plus courte chez la femelle. Elle est nue, à pubescence microscopique ou visiblement velue (Poecilobothrus Mik., Pterostylus Mik.). Les joues sont absentes ou peu développées. La face est rarement à division transversale nette et entière, marquée par une ride ou une carène (Hydrophorinae Beck., Medeterinae Beck.), le plus souvent à division transversale seulement amorcée sur les côtés par un petit nodule en forme de narine de cheval. La division, parfaite ou non, délimite l'"épistome" en haut, le "clypeus" en bas. Le clypeus parfois (Tachytrechus Walk., Hygroceleuthus Lw.) atteint ou dépasse le niveau inférieur des yeux ; tantôt il paraît soudé, tantôt, mais plus rarement, il est évidemment libre. La trompe est courte, exceptionnellement longue et fine (Orthochile Latr. ou certains Hercostomus), et toujours plus épaisse chez la femelle. L'ouverture buccale est large, atteignant en arrière l'occiput. Les palpes sont d'une seule pièce, larges, en forme d'écailles, reposant sur la trompe, parfois très développés, plus ou moins velus et généralement avec un ou plusieurs chètes.
 
2. Le thorax.
Le thorax est rectangulaire, rarement carré, arqué convexe, présentant parfois une dépression plane ou concave juste avant l'écusson (impression préscutellaire). Les chètes acrosticaux sont nombreux, généralement petits, parfois même microscopiques (Oligochaetus Mik.(nouvellement mis dans Medetera), certains Medetera Fisch. ), ils sont rarement très développés. Ils sont bisériés ou unisériés au moins à l'avant, parfois absents. Ils n'atteignent pas l'écusson, et s'arrêtent même au bord de l'impression préscutellaire quand elle existe. Les chètes dorso-centraux sont robustes, et de longueur croissante vers l'écusson, disposés en deux séries divergeantes vers l'arrière ; typiquement au nombre de six paires, rarement plus, parfois moins, jusqu'à trois paires. A l'extérieur de la série de la série de chètes dorso-centraux, une autre série comprenant d'avant en arrière, le présutural souvent absent, le sutural, les deux préalaires ou supraalaires et le postalaire, ces derniers étant toujours présents. Plus à l'extérieur, on distingue en plus un chète huméral, un à deux posthuméraux, deux notopleuraux, rarement un seul. Aux niveaux des propleures, un ou plusieurs chètes posthoraciques, quelquefois remplacés par un buisson de soies folles. L'écusson peut-être glabre ou velu, spécialement sur le bord apical, avec généralement deux chètes marginaux robustes placés en face du dernier dorso-central (un de chaque côté), rarement quatre, exceptionnellement six, sans compter les chétules accessoires.
 
3. L'abdomen.
   De forme cylindrique ou comprimée latéralement ou au contraire déprimé dorsalement, il est plus ou moins long, rarement plus court que le thorax (Hydrophorus Fall.), plus ou moins rétréci vers l'apex et, par suite, un peu conique. Quand il est remarquablement long, il garde son épaisseur jusqu'à l'apex (Sciapus Zell., Oncopygius Mik., Hypophyllus Lw. (reclassé actuellement dans le genre Sybistroma), Neurigona Rond., et on constate en même temps un allongement considérablement des pattes et un affaiblissement de leur chétosité. Les arceaux dorsaux de l'abdomen (tergites) sont beaucoup plus développés que les arceaux ventraux (sternites), formant à la fois la face dorsale et les flancs. Le premier tergite est généralement plus court que les autres, parfois égal ou même plus long. Chez le mâle, l'abdomen compte neuf segments, le 9ème constituant l'hypopyge. Les huit segments viscéraux, tous visibles dans certains cas, souvent les derniers cachés de sorte qu'apparemment l'abdomen ne compte que cinq à six segments en dehors de l'hypopyge. Les sternites sont totalement ou partiement membraneux; les derniers sont arqués et excavés de façon à ménager un logement pour une partie de l'hypopyge replié. Des impressions ponctiformes (fausses boutonnières) sont visibles sur la marge latérale des segments 2, 3 et 4 et parfois d'autres. Il arrive aussi que la femelle soit la seule à en posséder. La marge postérieure des segments présente généralement une rangée de chètes plus développés au 1er segment, qui parfois est le seul à en posséder ou très rarement en est lui-même dépourvu. Le segment 7 généralement dissymétrique et plus développé du côté gauche, forme un pédoncule à l'hypopyge et peut jouer sur le 6ème un rôle de charnière. Le 8ème offre une disposition caractéristique de la famille : il est réduit à une écaille arrondie et convexe, et est ramené au côté gauche de l'hypopyge avec lequel il fait corps, lui imprimant ainsi une dissymétrie frappante. L'hypopyge est constitué par le 9ème segment. Il est plus ou moins développé, ovale plus ou moins allongé, ou court et arrondi, en capuce présentant de chaque côté un prolongement latéral plus ou moins développé ("brides", par comparaison avec les brides d'un bonnet). A sa face ventrale, l'hypopyge est excavé, formant ainsi la chambre génitale, ouverte ventralement et postérieurement. Quand l'hypopyge est court et arrondi, l'ouverture est plutôt apicale que ventrale. Les côtés latéraux de la chambre génitale sont limités par deux lames constituant les lobes ventraux. Ceux-ci peuvent être divisés et donner les lobes ventraux moyens souvent dissymétriques, et les lobes ventraux postérieurs, qui dépassent le bord apical de la chambre génitale, et sont parfois très longs et curieusement ornementés (Hypophyllus Lw.). De la paroi antérieure de la chambre génitale et à la base naît le pénis plus ou moins longuement inclus dans un fourreau de forme variable, lui-même long et grêle. A l'extrémité apicale de la chambre génitale, on distingue deux paires d'appendices, appelés appendices internes: les appendices internes médians et appendices internes latéraux, souvent grêles et plus ou moins styliformes. Entre ces deux paires d'appendices, mais plus dorsalement, on trouve une pièce impaire en forme de dent triangulaire, plus ou moins arquée, appelée organe impair. Plus dorsalement encore, à l'apex, se situe une paire de lamelles externes plus ou moins développées, de forme très variée, le plus souvent en forme d'écailles, parfois filiformes. Elles peuvent être triangulaires, trapéziformes, arrondies, quelquefois allongées, rubanées, et alors simples ou fourchues. Souvent elles ont le bord lacinié, découpé en lanières, elles-mêmes munies de chètes simples ou falciformes. Il arrive aussi que les lamelles externes soient entièrement ou en partie soudées entre elles au bord interne. Ainsi constitué, l'hypopyge peut être libre, et même muni d'un pédoncule (7ème segment) ; il est alors replié sous l'abdomen et logé en partie dans la cavité ventrale, ou bien il peut être encastré dans l'extrémité de l'abdomen, et alors il est ou bien partiellement visible ou bien entièrement caché, ce qui rend impossible, sans dissection, l'examen des appendices génitaux et ne permet généralement de voir que les lamelles externes. Chez la femelle, l'abdomen ne montre généralement que cinq segments, les trois autres étant cachés, télescopés ; parfois, cependant, on peut en compter de cinq à huit. Il se termine par une petite tarière (ovipositeur) ornée généralement de petites épines à l'apex dorsal et, ventralement, d'une paire de stylets ou de lamelles étroites. Parfois il manque les épines. Chez Thrypticus Gerst., la tarière est plus longue et aplatie en lame de couteau.
 
4. Les pattes.
   Les pattes sont ordinairement longues et plutôt grêles, parfois plus robustes. Elles présentent très souvent un dimorphisme sexuel très accusé, par leur conformation ou leur ornementation chez le mâle. Ces caractères servent ainsi à la reconnaissance des espèces et facilitent leur détermination systématique chez les mâles, ce qui n'est pas très souvent le cas pour les femelles ; par exemple les femelles du genre Teucophorus Lw. sont indifférenciables sauf "la femelle Teuchophorus simplex Mik. qui n'a pas de chète ventral au tibia II, les autres, munies d'un chète ventral au tibia II ne présentent aucun caractère permettant de les distinguer sûrement" (Parent 1938). Les hanches sont un peu allongées, surtout les antérieures qui, par ailleurs, naissent plus haut que les autres. Les hanches I, outre la pilosité, sont munies, vers l'apex, de chètes ou de poils chètiformes dirigés vers le bas ; les hanches III, sur la face externe, présentent un ou plusieurs chètes caractéristiques, qui, dans certains genres, sont remplacés par une touffe de soies folles ; les hanches II présentent parfois à l'apex (Porphyrops Meig., Xiphandrium Lw., reclassés sous le genre Rhaphium Meig.), une épine plate et dirigée vers le bas, et formée de poils agglutinés. Les pattes I sont parfois ravisseuses (Hydrophorus Fall., Scellus Lw., Anepsiomyia Bezzi.), les faces ventrales du fémur et du tibia étant armées d'épines comme les deux branches d'un piège à loup. D'ordinaire les trois paires de pattes sont à pilosité courte, mais à chètes nombreux, surtout à la face dorsale des tibias. Souvent on distingue un chète préapical au fémur III, rarement plusieurs, parfois aucun. On trouve de même quelquefois un chète préapical, très rarement plusieurs au fémur II. Au niveau des tibias, les chètes forment plusieurs rangées longitudinales : dorsale, dorsale postérieure, ventrale antérieure, ventrale postérieure (*). Les rangées ventrales peuvent manquer complètement ou la rangée ventrale antérieure ne peut compter qu'un chète. Des chètes préapicaux sont présents à l'extrémité de chaque tibia, formant une couronne plus ou moins complète, manquant parfois au tibia I. Rarement, et ceci se présente quand l'abdomen est remarquablement allongé, les chètes apicaux du tibia II se réduisent jusqu'à disparaître (Neurigoninae Beck.), ou leur nombre normal (5) décroît tandis que le nombre normal (2) de ceux du tibia III croît. Le protarse III est parfois aiguillonné au bord dorsal (Dolichopus Latr., Hygroceleuthus Lw., Pterostylus Mik.), plus rarement pour le protarse II. Au dernier article des tarses, on observe deux pelotes, un empodium typiquement filiforme et pectiné, ce dernier rarement plus ou moins semblables aux pelotes (Medetera Fisch., Hydrophorus Lw.). Dans quelques genres, les pelotes sont hypertrophiées aux tarses I (Diaphorus Meig., Machaerium Hal.), ou aux tarses I et II (Diaphorus Meig.) ou aux trois à la fois (Diaphorus Meig.). Dans ce dernier genre, par une sorte de balancement organique, l'hypertrophie des pelotes entraîne la disparition des griffes. Rarement (Sphyrotarsus Mik., Paralleloneurum Beck.), les pelotes font complètement défaut, et dans les deux sexes.

*Pour l'interprétation des termes :
dorsal, ventral, antérieur, postérieur, on supposera toujours que les trois paires de pattes sont disposées perpendiculairement à l'axe du corps. Même convention pour les ailes.
 

5. Les ailes.
   Elles sont de forme normale, plus ou moins longues et étroites, parfois tachées. Le plan général de la nervation est caractéristique de la famille, qui peut se reconnaître à ce seul caractère. La Costa atteint l'apex de la 4ème longitudinale, à part chez les genres Asyndetus Lw. et Cryptophlebs Lichtw. La cellule médiastinale est courte, se jetant dans la subcosta (1ère longitudinale), et rarement libre à son extrémité. Cette dernière est généralement courte. Les nervures longitudinales 2 et 3 sortent d'une souche commune très près de la racine de l'aile, en un point épaissi ; la 3ème n'est jamais fourchue ; la 4ème est fourchue seulement chez le genre Sciapus Zell. Le segment apical de cette dernière est régulièrement plus ou moins arqué ou brisé anguleusement, toutes les gradations se présentant entre le double coude en angle droit (en baïonnette) avec une veinule appendiculaire à l'angle inférieur et une imperceptible flexion. Sur la même section de la 4ème longitudinale et à l'endroit même de la flexion signalée plus haut, l'aile présente une bosse à convexité dorsale, caractéristique de la famille. Plus ou moins distincte, cette bosse ne manque totalement que chez un petit nombre de genres (Medeterinae Beck). Les nervures 3 et 4 sont plus ou moins convergentes dans leur moitié apicale, rarement divergentes (Ectomus Mik.). La transverse discale ou " petit transverse basilaire " (reliant les nervures 3 et 4), est très réduite et part de la racine de la 3ème longitudinale, de sorte que la 1ère cellule basilaire est très courte. La 2ème cellule basilaire est absente ou plutôt fusionnée avec la cellule discale qui est fermée à son extrémité apicale par transverse postérieure, celle-ci ayant une position variable, rarement rapprochée de la base (Asyndetus Lw.), le plus souvent un peu avant le milieu de l'aile, quelquefois rapprochée de la marge de l'aile au point d'être plus longue que le segment apical de la 5ème nervure longitudinale. Cette dernière a son segment apical généralement infléchi vers la base de l'aile. La 6ème longitudinale, ou nervure anale, atteint la marge de l'aile ou bien est oblitérée dans quelques genres. La cellule anale étant alors extrêmement réduite. Les cuillerons sont assez développés, frangés de cils plus ou moins longs ; les balanciers sont normaux.
 

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   Site mis à jour le 24 Septembre 2003.